Didd

Mémoires et bricolages salés et iodés

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21 septembre, 2007

Le club Med

Classé dans : textes personnels — didd @ 14:21

Bassurelle mon ami,
La mer ressemble à une grande plaque de formica bleu.
Les couleurs sont presque irréelles.
Là-bas dans le Nord on aperçoit le slip de Marguarette les falaises de Douvres, et dans nôtre Est Le Cap Gris Nez et Blanc Nez.
J’ai du mal à regarder, mes lunettes de soleil sont restées à terre. (sur le Sandettie, dans le Pas de Calais, on a l’impression d’être dans une rivière)
Ici on est beaucoup plus au large.
C’est la renverse de marée il n’y a plus de courant, le bateau feux est là immobile, sa chaîne pendouille, les lignes pendouillent, tout le monde glandouille.
Il s’est redressé bien droit, devenu un objet inutile figé au milieu de nulle part.
Il récupère des tempêtes de l’hiver ou il engrange de l’énergie pour les prochaines ?
Bientôt le flot va s’établir et le Bassurelle évitera naturellement vers la Bretagne.
J’aime bien quand il regarde par là !
C’est le week-end, pas la peine de regarder le calendrier pour s’en apercevoir.
Tous les régatiers plaisantins s’agitent. L’excursion, l’expédition, l’exploit pour certains de venir virer le bateau feu.
Ils répondent rarement à nos saluts parce que bien trop fiers, et aujourd’hui pire :i ls nous cassent les pieds avec leur moteur.
Troubleurs de quiétude.
Je suis monté en haut sur la cabine.
J’ai déroulé ma serviette, j’ai pas oublié la crème
Cet après midi au programme digestion et bronzage.
Je suis d’astreinte, mais il n’y a rien à faire.
Tout à bord est arrêté, les batteries sont chargées depuis longtemps.
Il reste le contrôle incendie : sécurité de base.
Alors toutes les 1/2 heure je me penche par l’écoutille,
J’ai un aperçu du local machine , les quatres groupes électrogènes, aucune fumée tout est OK.
Mon collègue est venu me rejoindre et me chambre un peu sur ma façon de travailler.
Demain il fera pareil.
C’est le 14 juillet :
Il y a des cons qui défilent
Il y en a d’autres qui les regardent.
Il y en aura des soi-disant privilégiés qui iront à la Garden partie.
Il y a les envieux qui les regarderont  à la télé.
Mais tout le monde ignore que les rois du monde c’est nous.
Allongé sur le dos, bronzerie oblige, je regarde le ciel,
Un goéland marin plane au dessus de nous, c’est le plus grand le plus majestueux.
Super voilier, pas un coup d’aile, comment il tient ? , il prend son pied.

Il se rapproche, nos regards se croisent
Petite blessure au niveau du bec.
Je le reconnais, c’est lui que j’ai sauvé du vergandier*
Fais gaffe camarade où tu remettras ton bec, ne recommence plus
Je ne sais pas s’ il m’a compris mais j’ai l’impression qu’il m’a souri.

Le flot s’établit, le bateau retrouve sa légère gîte sur tribord jusqu’à la prochaine étale.
La chaîne se retend, elle couine le bateau trace son sillage.
Lui resta statique mais c’est la mer qui glissera en dessous.
Les lignes se tendent, la pêche va pouvoir reprendre.

Ce soir l’apéro a duré, c’est normal, c’est notre 14 juillet à nous et on a le droit de se sentir patriote.
Petite soirée télé, programme à la con , mais ambiance sympath.
J’ai pas envie d’aller à la bannette.
La discussion dure, on refait le monde, on a sorti les canettes, aujourd’hui on prend le droit.
J’attends une heure du matin pour prendre mon quart.
La nuit est belle, la visibilité très bonne la température est devenue agréable.
Les lumières de terre scintillent comme les étoiles, on sent la vie autour de nous.
Dans l’ouest il fait noir, la Bretagne est trop loin.
Le petit moteur ronronne lui on peut le laisser seul il est bourré d’alarmes.
Les faisceaux du phare se perdent dans la nuit, ils n’intéressent déjà plus les cargos ni les tankers.
Je monte une tasse de thé au matelot de veille à la passerelle.
Le bonheur est fait de ces petites choses.
La relève c’est dans 3 jours.
Moi j’ai pas envie qu’elle vienne
Et en même temps c’est peut-être parce qu’elle approche que tout est ci bien…………

*vergandier*
Pendant la guerre pour se nourrir les anciens pêchaient les goélands et les mouettes.
Les cormorans avaient plus de chance.
Ils faisaient traîner de faux poissons flottant en liège peint, avec un hameçon.
Après les tempêtes les oiseaux de mer affamés se jetaient dessus
Il suffisait de relever la ligne.
Ils appelaient cela les poulets du détroit ; aujourd’hui ça se mange toujours, j’en ai sauvé pas mal de la casserole.

Hivers 85 sur le Bassurelle et le Club-Med
Ces deux histoires ne sont pas l’image exacte d’un vécu
La réalité est bien plus belle.
Elle se situe un peu entre les deux.

bassurellepasserelle.jpg
                                       Bassurelle-Passerelle

pouletdudetroit.jpg
            Poulet du détroit   (2 photos prises dans le livre « les bateaux feux »)




 

 

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